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Guide · Annulation

Un seul mot dans votre contrat décide de ce qui se passe quand un voyageur annule.

« Arrhes » ou « acompte » : deux mots qu'on emploie comme des synonymes, et deux régimes juridiques opposés. Selon celui que vous avez écrit — ou pas écrit — un désistement à trois semaines du séjour vous laisse soit une somme acquise, soit une créance sur la totalité du prix, soit une obligation de rembourser le double.

Mis à jour en août 2026 · Lecture 9 min · Écrit par un propriétaire-exploitant

Les deux régimes, en clair

La distinction ne tient pas au montant, ni au moment du versement, ni au vocabulaire commercial. Elle tient à une seule question : le contrat est-il ferme, ou chacun garde-t-il une porte de sortie payante ?

Les arrhes ouvrent une porte de sortie. L'article 1590 du Code civil le formule ainsi : « Si la promesse de vendre a été faite avec des arrhes, chacun des contractants est maître de s'en départir, celui qui les a données, en les perdant, et celui qui les a reçues, en restituant le double. »

L'acompte ferme la porte. C'est un premier versement à valoir sur le prix, qui emporte engagement des deux côtés. La DGCCRF est explicite : « Il n'y a aucune possibilité de dédit et le consommateur peut être condamné à payer des dommages-intérêts s'il se rétracte. »

SituationAvec des arrhesAvec un acompte
Le voyageur annuleIl perd les arrhes. Vous ne pouvez rien réclamer de plus.Il reste tenu du prix. Vous pouvez en exiger le paiement, sauf si le logement a pu être reloué.
Vous annulezVous restituez le double des arrhes.Vous remboursez la somme versée, et vous vous exposez à une indemnisation du préjudice subi par le voyageur.
Nature de l'engagementRéversible, à prix connu d'avance.Ferme, avec un contentieux possible des deux côtés.
La source à retenir
La fiche « Règles d'une location de vacances entre particuliers », vérifiée le 11 août 2026 sur service-public.gouv.fr, décrit ces quatre cas pour le meublé de tourisme. La fiche « Acompte, avance, arrhes et avoir : quelles différences ? », vérifiée le 5 août 2025, donne le régime général. Ce sont les deux pages à garder sous la main.

La règle « sauf mention contraire, ce sont des arrhes » : à manier avec précaution

C'est la phrase qu'on lit partout, y compris sur des sites officiels, et elle est vraie dans son domaine. L'article L214-1 du Code de la consommation dispose que « sauf stipulation contraire, pour tout contrat de vente ou de prestation de services conclu entre un professionnel et un consommateur, les sommes versées d'avance sont des arrhes, au sens de l'article 1590 du Code civil ».

Relisez les mots que j'ai mis en gras. Ce texte s'applique aux contrats entre un professionnel et un consommateur. Si vous louez en tant que particulier, à un particulier, vous n'êtes pas dans son champ. La présomption légale ne joue pas mécaniquement en votre faveur, ni en votre défaveur : la qualification de la somme dépend alors de ce que les parties ont voulu, c'est-à-dire de ce qui est écrit, et à défaut de ce qu'un juge reconstituera à partir des échanges.

Conséquence pratique
Ne comptez pas sur la présomption pour faire le travail à votre place. Écrivez le mot dans le contrat, en toutes lettres, à côté du montant : « arrhes » ou « acompte ». C'est la clause la plus courte de votre contrat et la plus déterminante. « Versement de réservation », « avance », « caution de réservation » ne qualifient rien et vous laissent à l'interprétation.

Un mot sur ce qu'il faut choisir. Je considère que les arrhes sont le régime le plus sain pour une location saisonnière entre particuliers, pour une raison simple : elles donnent un prix connu d'avance à la rupture, des deux côtés. L'acompte est plus protecteur sur le papier, mais il ne vaut que ce que vaut votre volonté d'aller réclamer un solde à quelqu'un qui ne viendra jamais — et il vous expose symétriquement si c'est vous qui devez annuler.

Ce que vaut vraiment l'argument de la force majeure

C'est l'argument qui arrive dans un message sur deux : « je suis hospitalisé », « mon vol est annulé », « il y a une grève », « c'est un cas de force majeure, vous devez me rembourser ».

L'article 1218 du Code civil définit la force majeure comme un événement « échappant au contrôle du débiteur, qui ne pouvait être raisonnablement prévu lors de la conclusion du contrat et dont les effets ne peuvent être évités par des mesures appropriées », et qui « empêche l'exécution de son obligation par le débiteur ».

Tout se joue sur ce dernier mot. Dans un contrat de location, le débiteur de l'obligation caractéristique — mettre le logement à disposition — c'est vous. Le voyageur, lui, est le créancier de cette prestation. Or la Cour de cassation a jugé, le 25 novembre 2020, que « le créancier qui n'a pu profiter de la prestation à laquelle il avait droit ne peut obtenir la résolution du contrat en invoquant la force majeure ».

Traduit pour notre métier
La force majeure protège celui qui ne peut pas fournir, pas celui qui ne peut pas venir. Un voyageur empêché de se déplacer n'a, en principe, pas de droit au remboursement sur ce fondement. En revanche, si c'est vous qui ne pouvez plus fournir le logement — dégât des eaux, arrêté municipal, sinistre — c'est vous qui invoquez l'article 1218, et le contrat est résolu.

Une nuance importante, apportée par un arrêt du 8 mars 2023 : le créancier peut se prévaloir de l'inexécution par le débiteur de son obligation lorsque cette inexécution est due à la force majeure. Autrement dit, si un événement extérieur vous empêche vous de fournir la prestation dans les conditions prévues, le voyageur peut s'en prévaloir. La ligne de partage reste la même : qui est empêché d'exécuter ?

Je précise aussitôt que cette analyse a ses limites, et je les détaille plus bas — la lecture vulgarisée que donnent certaines pages officielles n'est pas exactement celle-ci.

Le droit de rétractation de quatorze jours n'existe pas ici

Autre argument fréquent, et celui-ci est simplement faux. L'article L221-28 du Code de la consommation, à son 12°, écarte le droit de rétractation pour les contrats « de prestations de services d'hébergement, autres que d'hébergement résidentiel, de services de transport de biens, de locations de voitures, de restauration ou d'activités de loisirs qui doivent être fournis à une date ou à une période déterminée ».

Une réservation du 12 au 19 juillet est fournie à une période déterminée. L'Institut national de la consommation le confirme explicitement pour la location saisonnière : même en réservant auprès d'un professionnel, même en ligne, le voyageur n'a pas de délai de rétractation. Et si vous louez en tant que particulier, ce titre du Code de la consommation ne s'applique de toute façon pas à votre contrat.

Écrire un barème d'annulation qui tient

Aucun texte n'encadre les conditions d'annulation d'un meublé de tourisme entre particuliers. Le Code du tourisme impose l'écrit, le prix et l'état descriptif ; il ne dit rien des barèmes. Attention à ne pas importer le régime des forfaits touristiques, qui prévoit une résolution moyennant des frais « appropriés et justifiables », gratuite en cas de circonstances exceptionnelles : il vise les vendeurs de forfaits et de services de voyage, pas le propriétaire qui loue son logement.

Vous écrivez donc votre barème. Trois principes le rendent défendable.

Clause pénale ou clause de dédit : la distinction technique
Le pouvoir de modération de l'article 1231-5 vise la clause pénale, c'est-à-dire l'indemnité qui sanctionne une inexécution. Il ne s'applique pas de la même façon à une clause de dédit ni au mécanisme des arrhes, qui organisent une faculté de rupture et non une sanction. C'est un argument supplémentaire en faveur des arrhes : leur montant est, par nature, moins exposé à la révision.

Une clause à ajouter, et qui vous coûte peu : la relocation. Prévoyez que si le séjour est reloué, tout ou partie des sommes est restituée, déduction faite de la différence de prix et de vos frais. Service-public.gouv.fr réserve d'ailleurs ce cas pour l'acompte. C'est équitable, c'est ce que fera de toute façon un juge s'il est saisi, et c'est ce qui désamorce la moitié des conflits avant qu'ils ne commencent.

L'assurance annulation : ce qu'on peut en dire, et ce qu'on ne peut pas

Il n'existe aucune obligation légale d'assurance en meublé de tourisme, ni pour le loueur ni pour le voyageur. Service-public.gouv.fr le rappelle, tout en recommandant vivement aux deux parties de s'assurer. En revanche, votre contrat peut exiger du voyageur qu'il soit assuré — c'est le seul levier réellement à votre disposition.

Sur l'assurance annulation de séjour proprement dite, je préfère m'arrêter là : je n'ai trouvé aucune source officielle française qui en décrive le régime pour la location saisonnière. Tout ce qui circule vient des assureurs eux-mêmes. Mentionner dans vos conditions que le voyageur peut souscrire une assurance annulation est utile ; en détailler les garanties à sa place ne l'est pas.

Les limites, dites honnêtement

Vos conditions d'annulation, rédigées proprement

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